Mardi éternel au pays de l’Immortalité.

 

Pour la mémoire de ma sœur,

 

Ma sœur est morte. Elle ne voyage plus dans ce monde au vide impalpable. Elle gît de jour en jour dans l’espace. Tout est vivant autour d’elle ; tout vit sans but précis, sans elle.

 

Je me souviens de son odeur de lessive. Un parfum qui m’a dérangé, gêné. J’ai détesté ce parfum étranger sur cette personne magnifique que j’aimais. Cette odeur qui se mêlait à la vanille puante et au chloroforme. J’aimais la puanteur de ma sœur. Ce doux parfum familier ; je m’y suis habituée.

Je me souviens de toutes ces anecdotes qu’elle me racontait. De quand j’étais petite… Quand je l’ai frappée avec mon plâtre ; tous ces moments effacés par le temps, ravivés par sa voix délicate. Je ne l’oublierai jamais.

Je me souviens. Jour après jour, ça me revient. Je survis par elle et pour elle. Il le faut. Je n’ai pas le droit d’être faible et d’abandonner ma lutte. Il faut me souvenir et faire revivre sa pensée. Si sa volonté n’est plus là, je dois lui donner la mienne. Si son esprit est noir, je dois le colorer avec ma joie de vivre. Artifice pour elle et pour nous.

 

Ma sœur n’est pas morte. Elle voyage toujours dans ce monde au vide palpable. Elle se déplace de jour en jour dans l’espace. Tout est sans vie ; tout meurt sans but précis.

 

Ta sœur à jamais.

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