Merci à Bob et aux Editions J’ai Lu.

 

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/FLEURDUDESERTJAILU2010.jpg

 

Bouleversant. Ce livre est bouleversant.

 

Waris Dirie - serveuse à Mcdo, mannequin, actrice, et maintenant ambassadrice de l’ONU qui se bat contre l’injustice, contre la souffrance que l’on inflige aux femmes - a écrit ce livre, non pas pour se plaindre, geindre ou se morfondre. NON ; cette biographie est là pour nous ouvrir les yeux, pour raconter son histoire simplement, une histoire qui mérite qu’on s’y intéresse. Car nous, occidentaux à la vie aisée ou modeste, malgré tous nos soucis, ne pouvons ne serait-ce qu’imaginer une seule seconde se que c’est d’être née « de l’autre côté de la barrière ». Waris Dirie, elle, le sait. Elle a connu les deux mondes et nous l’explique.

 

http://www.bourse-des-voyages.com/com/images/cartes/carte-somalie.gif


Petite fille, elle montait les chameaux et emmenait boire les chèvres en Somalie. Elle parcourait des kilomètres pour que ses animaux boivent assez pour survivre. Toujours pieds nus, dans le sable chaud, les roches coupantes...

Fuyant un mariage forcé vers l’âge de treize ans elle est ensuite ballottée chez plusieurs membres de sa famille, quand enfin, une opportunité de quitter la Somalie se présente. C’est décidé, elle part en Angleterre avec son oncle. Mais elle doit encore attendre quelques années avant que son rêve de devenir mannequin ne se réalise. Elle fait même une apparition dans un James Bond (« The Living Daylights ») et j’ai souri en voyant cette photo sur Google car, si on a lu le livre, on reconnaît tout de suite cette grande Somalienne aux cheveux peroxydés (en haut à droite) :

 

 http://images.amazon.com/images/G/01/dvd/aplus/007/600/living-daylights_3_600.jpg

 

A partir du moment où la « célébrité » a sonné à sa porte, Waris Dirie s’est jurée qu’un jour, elle ferait quelque chose pour aider les gens. Et c’est ce qu’elle fit.

Seulement, ça ne l’empêche pas, malgré tout ce qu’elle a vécu en Somalie, de trouver ce pays magnifique. Le monde est coupé en deux. Et elle ne changerait pour rien au monde son enfance en Somalie, la culture qu’elle y a apprise, ...

 

« C’est lorsqu’on est privé des choses qu’on les apprécie, et quand on a rien, on apprécie tout. » (p.276)

 

« D’un côté du monde, les gens luttent pour se nourrir, de l’autre, ils pays pour maigrir. » (p.276)

 

C’est donc une histoire touchante et terrible, racontée avec sincérité et malice. On « vit » tous les épisodes marquants de la vie de Waris Dirie, de sa naissance à sa vie actuelle (le livre a été écrit en 1998). On découvre la vie en Somalie à travers les yeux d’une ancienne petite fille forte et rebelle.

La lecture fut facile et rapide car fascinante et poignante de sincérité.


Bref, à la fois tendre et fort, mais aussi parfois dur et naïf, ce roman est une perle, un coup de coeur.

 

 

L’excision

 

 


Une partie de « Fleur du désert » est consacré à cette torture. Car ne vous y trompez pas, l’excision est une torture, plus souvent appelée « Mutilation Géniale Féminine » (FGM en anglais).

 

Waris Dirie nous raconte son excision à l’âge de cinq ans. Plus que ça, elle nous informe, non seulement de sa souffrance, mais aussi de celles de millions de femmes :

 

« L’excision [...] se pratique essentiellement dans vingt-huit pays d’Afrique. L’ONU estime que cette mutilation touche cent trente millions de petites filles et de femmes. Chaque année, deux millions au moins de petites filles risquent d’en être victime, soit près de six mille par jour ! Ces mutilations sont pratiquées de manière primitive par des sages-femmes ou des femmes du village sans anesthésie. Pour procéder à l’ablation des organes génitaux d’une petite fille, elles utilisent les instruments qui leur tombent sous la main : lames de rasoir, couteaux, ciseaux, morceaux de verre, pierres coupantes, et dans certaines régions, leurs dents. » (p.271)

 

Les maladies qui résultent de cette pratique sont nombreuses et entraînent parfois la mort : infection, tétanos, dépression, affaiblissement moral et physique, et bien d’autres encore...

 

Mais l’Afrique n’est pas le seul continent au monde à être concerné. Aux Etats-Unis et en Europe aussi on retrouve ce genre de pratiques car quelques immigrants africains poursuivrent les traditions de leur pays même après s’être installé dans des pays occidentaux. Aux Etats-Unis, on estime que « vingt-sept millions de femmes ont subi ou vont subir cette mutilation » (p.272).

Les immigrants africains font parfois une collecte pour faire venir aux Etats-Unis une « exciseuse » qui excisera alors tout un groupe de petites filles... Parfois ce n’est pas possible alors... :

 

« Un homme habitant a New-York a mis la stéréo à fond pour que ses voisins n’entendent pas les hurlements de sa fille pendant qu’il lui coupait les parties génitales avec un couteau à steak. » (p.272)

 

Les raisons qui ont entraîné cette vieille tradition restent encore assez obscures : augmentation du plaisir masculin, besoin de possession des hommes sur les femmes, assurance de la fidélité de son épouse ? Autant de raisons absurdes.

Pourtant, au 21ème siècle, cette mutilation existe toujours, peut importe l'absurdité des raisons qui ont poussé sa création il y a de cela des siècles.

 

« Une femme non excisée est considérée comme impure, obsédée par le sexe et impossible à marier. » (p.273)

 

Pour en savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Excision

 

 


L'excision - Une Mutilation Génitale Féminine
envoyé par clouds-mel. - Regardez les vidéos des stars du web.

 

 

Agir

 

Si vous souhaitez agir, voici quelques adresses et liens :

 

The Campaign to Elimite FGM

UNFPA (United Nations Population Fund)

220 E; 42nd Street

NEW YORK, NY 10017

USA

 

http://www.droitsenfant.com/excision.htm

http://www.unicef-irc.org/publications/pdf/fgm_fr.pdf

 

 

Le silence tue.

 

Je n’ai pas écrit cet article pour faire ma « B. A. », mais parce que cela me tient à cœur et que je voulais que vous sachiez ce que j’ai ressenti en lisant « Fleur du désert ». Je voulais vous faire entrevoir un petit bout de mes impressions face à ce roman autobiographique.

N’hésitez pas à lire ce roman et à voir le film qui en a été tiré.

N’hésitez pas à agir, ne serait-ce qu’en en parlant autour de vous, via cet article, ou autre. En parler, c’est déjà agir. Le silence tue.     

 

Retour à l'accueil