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Il y a la peine, qui ravine,
 il y a le froid qui gagne,
 quelquefois c'est comme si l'on n'avait plus de peau,
 seulement la pierre des os :
 une cage de pierre avec au centre un foyer froid,
une espèce de geôle où l'on ne sait
s'il y a encore à délivrer,
et la clef heurtant les barreaux
fait un bruit dur et mat.
 
La peine a pris racine avec des cordes jaunes
comme l'ortie
et le visage s'est assombri.
Il est des plantes si tenaces
que le feu seul peut en avoir raison. 

 

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S'il y a une chose que l'on ne peut dire à propos de ce reccueil, c'est qu'il respire la joie de vivre... En effet Jaccottet y exprime le deuil, la perte de l'être cher (son beau-père, sa mère). Il s'agit d'une poésie parfois dure à déchiffrer, et même quand on y parvient, peut-on être certain que le sens caché de ces vers n'est pas tout autre? Que l'on fait fausse route depuis le début?

 

Jaccottet écrit, décrit, son deuil et sa façon de le surmonter (ou du moins son échec à le surmonter). La douleur est telle, que les vers transpirent la mort et le chagrin. Mais aussi la nature. Oui, cette entité éternelle et puissante qu'est la nature occupe une place importante dans ce reccueil : l'homme et la nature sont-ils en harmonie?

 

En bref, une poésie qui refuse parfois la poésie (la poésie peut-elle vraiment dire les choses? cela sert-il à quelque chose?). Voilà ce qu'on ressent en lisant Jaccottet. 

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