"Régiment de femmes" de Clemence Dane

Clare Hartwill aime le pouvoir irrésistible qu’elle a sur les autres. Femme libérée dans une société qui ne l’est pas, elle impose sa loi avec charme et aisance au sein du pensionnat pour jeunes filles de Bournemouth. Quand une jeune institutrice nommée Alwynn fait son apparition, Clare hésite entre haïr l’admiration qu’elle inspire aux élèves et adorer sa fraîcheur déconcertante. Au fil du temps, une amitié sans faille se tisse entre les deux jeunes femmes. Mais Clare en veut plus, bien plus. Son jeu de dominatrice saura-t-il faire son effet sur l’innocente Alwynn ?

Régiment de femmes fait partie de la collection « Vintage » des éditions Belfond. L’occasion pour eux de livrer à leurs lecteurs avides des aventures d’un autre temps, faisant revivre les plus belles plumes oubliées. Ici, c’est Clemence Dane, auteur et dramaturge anglaise, qui est à l’honneur.

Avec un style incisif, Clemence Dane crée une atmosphère angoissante, dérangeante, quasi-malsaine. Son personnage principal, Clare Harwill, est une femme que personne ne voudrait croiser dans sa vie : manipulatrice, calculatrice et parfois même cruelle avec son entourage, elle fait tout pour être le centre de l’attention et obtenir ce qu’elle désire. Et des désirs, elle en a des tas, tous plus sombres les uns que les autres. Car oui, aussi surprenant que cela puisse paraître à l’époque de l’écriture de ce roman (1917), Clemence Dane aborde implicitement, de manière voilée mais bien présente, l’homosexualité à travers l’amour et la domination entre deux femmes.

Tous les personnages, forts et captivants, nourrissent le récit de leurs caractères complémentaires. Certains insufflent un air toxique au récit, d’autres apportent une bouffée d’air frai au lecteur. Aucun doute, Clemence Dane sait y faire avec une palette de personnages : elle les malaxe, les tire dans tous les sens, les recoud les uns aux autres.

Bref, Régiment de femmes n’est pas un roman simple. C’est une histoire sombre et pouvant paraître dérangeante, étrange. Quelques longueurs au début freinent dangereusement la lecture, mais le rythme fini par s’accélérer, notamment avec des rebondissements inattendus.

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