Culture ciné : PrisonersCulture ciné : Prisoners

 

Ames sensibles, s’abstenir !

Dans une petite bourgade tranquille non loin de Boston, Anna et Joy (6 et 7 ans) disparaissent sans laisser de trace. Personne n’a rien vu, personne ne sait quoi que ce soit... Les parents, deux couples d’amis, déploient ciel et terre pour retrouver leurs précieuses petites filles. Pendant ce temps, l’inspecteur Loki patauge dans le néant : pas de témoins, pas d’antécédents, rien. Et pourtant… à qui appartient cette caravane miteuse garée dans la rue ? Que cache cette maison abandonnée du bout de la rue ? Pourquoi la police se sent-elle ainsi piégée dans un labyrinthe sans fin ? Mystères, tension, larmes, sang… amateurs de frissons, vous serez servi !

Ce film vibrant de tragique est desservi par des acteurs au meilleur de leur forme. En père victime, Terence Howard (décidément on le voit partout en ce moment : Le Majordome, Sous Surveillance…) nous émeut par son innocence et sa résignation. Forcé d’admettre son impuissance, il cherche à garder la tête hors de l’eau alors que le courant est trop fort pour lui… En face de lui, comme un négatif du premier, le second père, Hugh Jackman ne se laisse pas si facilement faire. Après l’enlèvement de sa fille, il décide de se battre. On dit que la violence appelle la violence, l’acteur nous le démontre avec un réalisme poignant. Très convaincant en père désespéré, Hugh Jackman est simplement époustouflant. Leurs épouses, moins présentes à l’écran, mais tout de même importantes, interprétées par Viola Davis et Maria Bello (La Momie 3) offre une prestation complémentaire : l’une se noie dans les médicaments, l’autre dans la douleur solitaire. Et enfin, du côté de la police, Jake Gyllenhaal est étonnamment sombre : inspecteur torturé, il est réputé pour avoir résolu chacune des affaires qui lui ont été confiées. A noter également l’interprétation remarquable du jeune Paul Dano, convaincant en jeune homme perturbé et simple d’esprit.

Vous l’aurez compris, Prisoners est porté par de grands acteurs (en route pour les Oscars paraît-il…) mais qu’en est-il de l’intrigue ? Le spectateur ne s’attend certainement pas à une claque d’une telle puissance : parfois violent, parfois sanglant, parfois terriblement émouvant, toujours fascinant. Une boule au ventre devrait très vite pointer le bout de son nez dès la première demi-heure de son long-métrage (le film durant tout de même 2h30, mais pas de panique, c’est un grand moment de cinéma qui mérite bien ce temps).

Denis Villeneuve signe ici un coup de maître. Un thriller passionnant, intriguant, torturé, quasi-labyrinthique à la hauteur de tout ce que peut attendre un afficionado du genre. Etonnant comme l’horreur de la réalité ainsi portée à l’écran peut devenir si belle et poignante. Une très belle (mais terrible) expérience.  

 

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