"L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery  "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery

Le seul intérêt des chats c'est qu'ils constituent un objet décoratif mouvant.

Paloma, personnage de Muriel Barbery

"24 heures de la vie d’une femme"

A travers le quotidien et les pensées philosophiques de deux femmes modernes (l’une actualisée, l’autre en puissance), l'auteur nous conte les aventures des habitants du 7 rue de Grenelle : petit immeuble bourgeois qui voit naître les rivalités et amitiés entre les classes depuis des décennies. 

Renée, la cinquantaine, concierge, mène une vie nostalgique et sans fard. Entre ses lectures et son temps passé à faire croire à une intelligence de limace bonne à nettoyer le pallier, elle confie ses états d'âme à sa seule amie : Manuela, une femme de ménage portugaise franche et pleine de vie.

Paloma, douze ans, fille d'une riche famille, mène une vie paisible et sans grand intérêt. Entre ses pensées profondes et son temps passé à échapper aux assauts bruyants de sa soeur ainée, elle planifie son suicide pour le jour de son treizième anniversaire.

Il est ainsi aisé de faire un parallèle entre les deux protagonistes. Elles sont séparées par plus de quarante ans, et pourtant, partagent le même goût pour la Beauté de l'art, la simplicité de la Vie et le travail de l'Esprit. Leurs digressions philosophiques sont parfois difficiles à suivre, mais le présent de narration nous accompagne dans une lecture agréable et vivifiante.

 

"Ensemble c’est tout"

D’amour il est question. Mais au délà de l’amour complexe entre individus, il s’agit avant tout de l’amour de la vie. Cette vie qui nous emporte vers des aventures nouvelles. Un ailleurs peut-être meilleur. Un monde remplit de mots et de littérature.

Une grande nostalgie et une profonde détresse s'installent au début du roman. Pourtant, les péripéties vont amener Paloma et Renée à se rencontrer, s'apprécier, se reconnaître comme égales. 

Les autres personnages leur permettent d'ainsi grandir et murir pour finalement devenir des êtres achevés, heureux.

 

"Meurs un autre jour" 

Puis vient la fin, une fin qu’on a peine à lire car abandonner ces personnages n’est en définitive pas si aisé… On s'y attache, on se sent bien. Mais il faut les laisser partir. On les a vu changer, on les a vu aimer. Mais il faut les laisser "vivre". 

Bref, une fin surprenante (j'ai presque eu ma petite larme...), un roman excellent (le style est maîtrisé), une lecture fascinante (bien que parfois trop portée sur la philosophie à mon goût)... What else?

 

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L'adaptation ciné à voir

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